On a perdu le paysage, les émotions colorées de Valérie du Chéné « hors les murs » dans la galerie du Tenyidor

Nous sommes le 5 août 2025, à Coustouge, l’atelier où Valérie du Chéné a posé palettes et pinceau, au cœur de l’incendie qui ravage le paysage audois pendant près de 20 jours. Au sens propre comme au sens figuré « on a perdu le paysage », décrit l’artiste « les premières flammes, oranges, violentes nous encerclent. Passée la première émotion, nous allumons des bougies et nous passons ainsi notre première nuit, les yeux ouverts, entourés de petites lueurs de flammes ». Brutalement, suite au passage destructeur du brasier, tout est noir, perturbant, mais l’artiste qui a vécu cette expérience inédite, tragique de l’intérieur, retrouve son langage pictural au travers d’une série de gouaches sur papier chargées en émotion, à la découverte d’un nouveau paysage. Présentée par Claire Muchir, Directrice du musée d’art moderne de Collioure, en mode « hors les murs », l’exposition souligne la prégnance de l’idée du feu au fil de l’histoire de l’art. « « le feu a permis à la couleur d’exister, il a permis le renouveau de l’art moderne en nous rappelant que la couleur des fauves a enflammé le salon d’automne de 1905 », Et si dans les Corbières, il ne reste plus que le noir et blanc sur la palette c’est juste que le feu « n’est pas à une contradiction près », poursuit Claire Muchir, «le feu est  moins patient que l’eau comme l’exprimait Gaston Bachelard dans la psychanalyse du feu, et le changement renaît plus vite, plus dur, plus fort, plus intense ». Sous la voûte patrimoniale du Tenyidor, la vocation artistique de Collioure prend tout son sens, « faire dialoguer notre patrimoine exceptionnel avec la création contemporaine », telle est la conviction de l’équipe municipale et de sa politique culturelle, portée ici par Annie Lamarque, déléguée au rayonnement culturel, « l’exposition de Valérie du Chéné est riche de sens, de poésie, d’interrogation », conclut-elle, « puisse ces œuvres nous aider non seulement à retrouver le paysage, mais aussi à retrouver notre capacité à l’émerveillement ».

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